L'agriculture qui, à elle seule, ne peut garantir suffisamment, la vie aux habitants du secteur montagnard, même avec l'introduction graduelle, de nouvelles cultures rentables, à caractère commerciale, comme celle des pommes de terre, du pommier, nécessite et impose que les efforts et l'intelligence de ceux-ci doivent s'orienter et s'étendre à d'autres activités plus rémunératrices et rentables, tel l'élevage du cheptel et du bétail, en plus du travail de la laine par les femmes chez elles, et l'artisanat…surtout la grande et remarquable ferronnerie, devenue spécialité exclusive, de certains habitants, laquelle est entreprise au sein de quelques foyers rapprochés, à l'instar d'un petit quartier industriel de la commune, situé au hameau de Tamzazerte, qui, lui s'identifie à la fraction des Ait Iazza.
6-1-Typologie des parcours et transhumance
Comment donc cette activité pastorale se pratique-telle, et dans quels types de parcours ? Quelles sont ses infrastructures sur lesquelles elle s'appuie ? Dans quels types de conditions se déclenche le phénomène de la transhumance qui en émane ? Quels sont enfin les rituels et les coutumes accompagnant ces activités ?
La réponse à toutes ces questions nous guidera inévitablement, à la lecture d'un tableau bien détaillé ci après, sur lequel on va se baser, pour remarquer en bonne illustration, la répartition des parcours collectifs dont jouit la communauté des Ait Brahim d'Outarbat. Mais avant de se faire, nous tenons d'abord à opérer une distinction au départ , entre un parcours collectif, plus au moins terrain vague, profitant toute l'année à plusieurs tribus ou fractions différentes, et un autre bien déterminé, et qu'on a l'habitude d'appeler strictement; sous le nom d'Agdal. Sans oublier aussi un type moins restreint et très particulier appelé Almou: prairie se tenant habituellement tout prés des hameaux pour recevoir le troupeau des mulets qui sera gardé selon une tradition coutumière, appelé communément: Tiwili, comme forme d'organisation relative au gardiennage de ces animaux. Ce gardiennage se pratique suivant une réglementation visant la distribution des tours de garde des mulets dans cette pairie, ce qui se fait à tour de rôle, offrant en chaque jour de garde, deux personnes ou un peu plus; selon les effectifs des mulets et de leurs propriétaires, dans chaque hameau. Ces gardiens mènent ce troupeau collectif paître dans l'Almou dés le matin, et ne le retourne chez eux que le soir avant la tombée de la nuit. Cette opération fait économiser aux fellahs quotidiennement, au moins, une partie de l'alimentation de ces animaux.
Si l'agriculture intensive est un indice de la sédentarisation, l'élevage des parcours, et la transhumance, même partielle, demeure encore un indice de nomadisme. Cette transhumance donc, s'effectue pour les Ait Brahim d'Outtarbat, sur 5 régions bien distinctes
que le tableau ci- après nous illustre:
6-2- Répartition et dénomination des parcours
collectifs
Accessibles pour les Ait Brahim de la
Commune rurale d'Outarbat
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N° d'ordre
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Region
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Nom du parcours
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Situation géographique
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1
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Région
Des Ait Merghad
(au sud)
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1- Amagha
2- Amjgar
3- Taghya
4- Assefla
5- Taltast
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1- entre Goulmima et
Errachidia 2- entre Assoul et Outarbat
3- à Ait Sidi Meh prés d 'Amellagou
4- à Tadighoust
5- à Tabrracht prés
d'Outarbat
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2
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Région de la montagne Berdouz
(au nord)
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1- parcours de Rast
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1- région des Ait Ihya prés du
Hameau d'Ichichawn
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3
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Région d'Acif
Melloul
(le Mousem)
(à l'ouest)
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1- Azaghar Iress
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1- sur la route d'Imilchil
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4
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Région entre
Outarbat et Imilchil
Prés de Tilmi
(au nord ouest)
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1- Agdal (IfFer)
(parcours octroyé par
Les autorités du protectorat
français aux Ait Brahim. d'Outarbat)!
2- Agdal d'Izli (propriété
éxclusive des Ait Brahim).
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1- sur le chemin sentier appelé:
(chemin de Tiguelzatin)
ou (Anzzad), autrement dit.
2- entre Outarbat au sud est et Imilchil au
nord ouest.
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5
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Parcours supplémentaires de
transhumance
hors région
(à l'est et au sud est)
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1-Dans la vallée de Ziz
2- prés du barrage
3- aux alentours de
Goulmima
4- un peu loin à Bouaarfa et Warzazat
(nécessité de transport du
cheptel
Par camions)
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1-prés de Rich et de Kerrandou au
tour des versants de la montagne Bouhmid (à Seddour notamment)
2- aux environs d'Errachidia
3- à Goulmima
4- période annuelle de la
transhumance saisonnière dans les régions de Bouaarfa
Et Warzazat...
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Au nord, on trouve le parcours appelé Rast: qui se situe dans le versant de la montagne Berdouz, à proximité de la région des Ait Ihya, et surtout de l'un de leur Hameau appelé Ichichawen.
Au sud, vers la région des Ait Marghad, on peut noter l'existence de cinq parcours, nommés consécutivement: Amagha, se situant entre Goulmima et Errachidia, Amjgar entre Assoul et Outarbat, Taghya à Ait Sidi Meh prés d'Amllagou, Assefla à Tadighoust, enfin le parcours de Taltast à Tabrracht tout prés d'Outtarbat. Où les troupeaux peuvent trouver et brouter « des espèces végétales de type de végétation spontanée qui sont: l'Alfa, l'Armoise, Vertia, Buplerium, Stippa Lagasca… caractéristiques des conditions bioclimatiques» de la région. (11).
A l'ouest sur la route d'Imilchil, et vers la région du plateau d'Acif Melloul, on trouve le parcours nommé Azaghar Iress,
Au nord ouest, entre Outarbat et Imilchil, prés de Tilmi, c'est l'Agdal Iffer, sur le chemin sentier appelé Tiglzatin ou Anzzad autrement dit. La particularité de se parcours Agdal, en son genre, revient à ce qu'il fait objet d'un parcours octroyé par les autorités du protectorat Français, aux Ait Brahim d'Outarbat.
Tandis qu'à l'est et au sud est de ces régions, les Ait Hdiddou connaissent des parcours supplémentaires de transhumance saisonnière, hors de leur région: ainsi dans la vallée de Ziz par exemple, prés de Rich et de Kerrandou, au tour des versants de la montagne Bouhmid, à Sddour notamment, on peut remarquer la présence des troupeaux, et de quelques pasteurs qui transhumaient. Aussi, faut il encore signaler et dire que les moments les plus rudes et difficiles de l'année surtout pendant la saison de l'hivers, pousse les pasteurs à mener leurs troupeaux paître, prés du barrage aux environs d'Errachidia et de Goulmima, si ce n'est pas encore plus loin, allant parfois jusqu'aux régions de Bouaarfa et de Warzazat, ce qui nécessitait quant à ces déplacements lointains, le transport des troupeaux et du cheptel dans des camions…Pour le sauvegarder, et le mettre à l'abri des crises hivernales pendant les moments les plus critiques et insupportables…ne laissant généralement dans les étables à domicile, ou dans les parcours à proximité des hameaux, qu'un nombre de têtes, généralement, mieux maîtrisable quant à sa sauvegarde et sa survie au moment des grandes tempêtes de neige… et très proche aussi et sous la main, quant au besoin de sa commercialisation, pour des raisons d'approvisionnement en produits de consommation, dans les Souks hebdomadaires de la régions.
Cependant, pour ce qui est de l'Agdal: notion de parcours spécifique par son règlement, et son organisation typique, on peut noter l'existence de deux Igoudal: (pluriel d'Agdal): l'un appelé Iffer: qui veut dire en tamazight (Agdal caché), entre les collines de petites montagnes, il a été jadis octroyé aux habitants, par les autorités coloniales Françaises. Stricte propriété d'usage des Ait Brahim d'Outtarbat, il est situé sur le chemin sentier appelé: (chemin de Tiguelzatin) ou, encore (Anzzad) autrement dit, se trouvant dans la région nord ouest, entre Outtarbat et Imilchil, direction, prés de Tilmi.
Le deuxième Agdal est celui d'Izli, puisque celui de Tizlite tout près d'Imilchil, est propriété pastorale du canton tribal des Ait Iazza. Comment donc s'organise, chaque année, l'accès à l'Agdal d'Izli pour la tribu des Ait Brahim?
Ce qui caractérise un Agdal, contrairement aux autres parcours, c'est qu'il a un programme annuel de fonctionnement, et un règlement d'usage: c'est-à-dire, deux dates limites: une pour l'ouverture et l'autre pour la fermeture, entre lesquelles une possibilité de sa mise en défens, existe toujours; ce qui le caractérise surtout et le différencie enfin d'un parcours ordinaire, c'est cette fonction appelé localement Agddel: (Agdalisation) si on se permet cette expression francisant un peu ce mot Amazigh, pour signifier, non seulement la mise en défens de l'Agdal, comme mesure juridique, mais surtout cette aptitude de repos, pour un meilleur recouvrement des sols, et une bonne poussée d'herbe et formation de pâturages, que toutes les fractions tribales et leurs hameaux, doivent respecter, afin de bien jouir de ce bien collectif, exploitant les richesses de ses prairies d'herbe et de plantes variées, dans de meilleures conditions; tout en garantissant, d'abord aux cheptels déplacés à cette occasion par les pasteurs, l'alimentation sur place, ensuite la moisson en réserve du fourrage ramené, chargé et transporté à dos des mulets de l'Agdal vers les hameaux.
L'ouverture de l'Agdal s'opère, chaque année, au 1ier juin (dit : boulaansart).
A partir de ce jour-là les tribus des Ait Brahim, ont désormais le droit légal et la possibilité, de mener leurs troupeaux dans l'Agdal d'Izli, qui commence à recevoir les premières caravanes de troupeaux et de mulets transportant tentes et nourriture. Par contre le canton des Ait Iazza lui, s'oriente vers l'Agdal de Tizlite à proximité d'Imilchil. la contrainte qui se pose ici aux tribus des Ait Iazza se trouvant loin d'Imilchil et de leur laquine aussi de Tizlite, avant d'atteindre leur Agdal de Tizlite, et une sorte de pause et d'escale obligatoire, pour abreuver leurs cheptels dans le lac de l'Agdal d'Izli. Ce que les Ait Brahim leur offre dans leur lac d'Izli, mais, à condition que les troupeaux des Ait Iazza n'y paissent pas et ne tardent pas dans les alentours du lac et de l'Agdal des Ait Brahim.
Après l'ouverture de l'Agdal, les hameaux connaissent une grande mobilisation de leurs pasteurs, une fois rendu dans ces lieux de prairies verdoyantes, la population locale profite bien de cette occasion. On commence dès les premiers jours à faucher la plus grande quantité possible d'herbe abondante, on la ramasse en tas chargé et transporté à dos des mulets, pour la sécher ensuite, et la stocker à domicile, en attendant la saison la plus rude et difficile de l'hiver.
A cette occasion de cérémonies pastorales, aussi bien festoyées que les autres fêtes, on ne doit pas oublier les quelques activités parallèles que les habitants ont l'habitude de mener, chaque année dans ces lieux. On mange bien, on s'amuse et on s'invite, des scènes d'Ahidous peuvent être montées çà et là, et les habitants chantent et dansent au sein de leurs campements. Ces fêtes durent quelques jours, au fur et à mesure du ramassage du fourrage fauché et asséché. Tandis que la période de pâturage elle, dure encore jusqu'au 9 Mars, date limite, et jour de la fermeture d'Agdal. Même si pratiquement la durée effective du profit de l'Agdal n'est garantie que pour quelques mois, ce qui accélère le retour de certains éleveurs, rejoignant leur territoire ou l'un de leur Agdal privé comme ce fut le cas des Ait Brahim de Tilmi. Tandisque les autres continuent à paître pour quelques mois encore, jusqu'à être chassé par le froid et l'entrée de l'hiver.
A partir du 10 Mars, le fait est accompli, aucun troupeau n'a le droit de paître dans l'Agdal. Qui va connaître une période de repos s'élevant à presque trois mois. Ses Igoudal, en plus de leur rôle complémentaire à coté des autres parcours, forme une poche de richesse pastorale potentielle, surtout à une saison estivale, connue par la réception des troupeaux revenant de la transhumance dans les régions lointaines, hors d'Outtarbat. C'est comme si l'Agdal réservait à ses troupeaux locaux un meilleur cadeau, après leur retour des zones étrangères, après une transhumance de routine imposée chaque année, dès que les premières chutes de neige s'apprêtent à envahir ce territoire.
Cette transhumance que nous avons qualifiée au début de partielle, et qu'on ne voit qu'escalader et s'élargir de temps à autre, soit sous le poids parfois, de fortes tempêtes de neige, ou d'une longue sécheresse appauvrissant les parcours, ne se pratique en tout cas qu'on obéissant à certaines règles qui l'organisent. A savoir l'acquisition d'une autorisation des autorités compétentes locales, permettant aux transhumants de se déplacer et de quitter leur région initiale. Parfois aussi, les troupeaux sont passés à l'examen vétérinaire, surtout en cas de grandes épidémies, pouvant attaquer l'un des cheptels, et contaminer ceux d'ailleurs. (Cas de la fièvre aphteuse au milieu des années 90), ce qui nécessite le dressement de barrages par les autorités compétentes, en but de la saisie et du traitement des cas de maladie des animaux par la suite, avant le débarquement pour la transhumance. Une fois ces normes sont respectées par les transhumants, il ne leur restait que de charger leurs troupeaux dans des camions, et de s'orienter vers les régions d'accueil. Là aussi avant d'y camper entant que pasteurs étrangers et nouveaux venus, il faut respecter certaines normes, et règles mises en jeux dans ces parcours étrangers, à ne citer que la maîtrise de la surcharge au niveau des effectifs des cheptels survenus dans ces zones, certains enjeux relatifs à cette pratique sont aussi à prendre en considération, à savoir les empiétements sur les frontières et les parcours non autorisés ou accessibles, des modalités consistant à abreuver collectivement, et à des moments de pointe, tous les troupeaux de petits ruminants, dans des points d'eau rigoureux et non abondants, si ce n'est pas contrôlables en tout cas.
La transhumance dans la région d'Outarbat, s'opère à partir du mois de novembre où l'on a l'intention, que la neige lance secrètement, et uniquement aux éleveurs, son ultime appel, pour les prévenir et les méfier une fois pour toute, de ce qui arriverait de malheur, à eux et à leurs cheptels, s'ils ne quittent pas tout de suite les lieux.
Les éleveurs, quant à eux, ne tardent jamais à comprendre un tel message, suite auquel ils ne revirent leur région, que vers le mois de mais. Après avoir su et appris que le sol commence lentement à chauffer, et que le pays natal des hautes montagnes, reprend petit à petit ses souffles, coupés longtemps par le froid, pour se préparer à la belle saison, la saison de l'envahissement d'Agdal, et des belles traditions… laissant derrière eux, quelques souvenirs aussi des régions lointaines, ayant accueilli leur campement lors de la transhumance, tel Rich, Errachidia, Warzazate, Bouaarfa…
Ce qu'il ne faut pas oublier, malheureusement au sujet des parcours et Igoudal, c'est que, vu l'importance décisive de leur appropriation entant que domaine de richesse économique pastorale, pour maintenir la survie des troupeaux et du cheptel, bon nombre de parcours connaissent presque, des interminables conflits interethniques, qui surgissent de temps à autre, entre différents clans tribaux. Et c'est ce que nous avons mentionné, dans les premières pages de cette partie. Lorsqu'on a parlé du parcours d'Amagmag: objet de tensions tribales entre les Ait Brahim et les habitants des hameaux de tilmi, à chaque fois que certains actes frauduleux et invasions des troupeaux ont lieu. Même chose aussi est forte à remarquer dans le parcours de Rast, derrière le versant nord de la montagne Berdouz, entre Ait Brahim d'Outtarbat et les Ait Iadou et Ichichwen: hameaux de la région des Ait Ihya. Entre lesquels la fin des années (90), a connu de grandes hostilités et de graves incidents par la suite…taxés de lourdes peines de prison.
Si ce qu'on vient de détailler ici, par le biais de ce tableau, forme une carte topographique du domaine pastoral, dont jouit la région, englobant sous ses cinq directions, tous les parcours auxquels les Ait Brahim d'Outarbat ont le plein droit d'accès, tels qu'ils nous sont cités et classifiés, par l'instance même du délégué communal, interviewé à ce sujet, il en serait nécessaire de dire aussi un mot, sur les effectifs du cheptel et ses types qui en profitent et qui y paissent. Ainsi, pour les effectifs du cheptel, comme le montre le tableau suivant, on remarque que les ovins (18.000) occupent une place préliminaire, représentant un grand nombre de têtes. Ensuite, viennent respectivement, les caprins (14.000), les bovins (920). Enfin les mulets, force de traction, nécessaire aux travaux agricoles, et moyens de transport local, en cas de déplacement, représentent quelques (600) individus.
-Tableau n°(2)
L'effectif cheptel
Le nombre des camelin (40), et des assains (40), et très négligeable. D'une
part, parce que la région est montagneuse, d'autre part, vu le climat froid, et l'énormité de diverses taches agropastorales que seuls les mulets peuvent endurer.
Toute cette richesse locale donc, est renforcée, par une infrastructure caractérisée par l'existence de 5 points d'eau, et 2 bains antiparasitaires se trouvant aux environs d'Outtarbat, même si ces bains tendent aujourd'hui à tomber en désuétude à cause d'un coté des complications dues aux restes de produits chimiques nocifs dans leurs lieux après chaque opération de traitement du cheptel, et grâce de l'autre coté à l'usage d'autres méthodes substituées à la première, se basant uniquement sur les techniques de vaccination et du brogage.
L'absence de coopératives, en genre et en nombre, laisse les éleveurs et les paysans, se donner à la libre concurrence, en se basant généralement, et comme d'habitude, sur leurs propres efforts, et les acquis issus de leurs diverses expériences, dans les deux domaines.
Tout compte fait, pour améliorer les infrastructures hydragricoles, et pastorales de cette région, et son niveau de vie, les usagers et les habitants, ne cessent de réclamer davantage solutions plus efficaces et pertinentes, au prés de leurs responsables locaux, surtout à chaque occasion des élections et de nouvelles échéances politiques, à fin de bien cerner et de contrecarrer les méfaits et les facteurs passifs qui peuvent continuellement nuire à leur domaine vital, en accentuant son déséquilibre écologique, qui, par delà même, devient socioéconomique.
Parmi ces facteurs bouleversants et indésirables, on peut citer: l'érosion mécanique du sol, l'évasion et le glissement des terres, dus aux pluies orageuses et intempestives, au début et en fin d'été. Les pertes cycliques de quelques parcelles du terroir, à cause des inondations et des crues de l'oued, qui aggravent encore la situation pour quelques pauvres paysans obligés, dans des circonstances pareilles, à réaménager les reliquats de leurs champs perdus, ou envahis par le sable et les pierres… Corvée supplémentaire qui, parfois nécessite tant d'efforts et de travaux pénibles et coûteux, pour enfin arriver à les déblayer, et à les remettre en bon état d'aptitude à la reexploitation.
Photo n°(1) qui montre, à l'entrée d'Outarbat, à quel point les eaux des crues
et des inondations dues aux pluies orageuses peuvent, parfois, ravager
entièrement quelques champs. (Juillet1997).
Photo n°(2) illustrant de graves inondations à Sounttat (le 26 Aout 2005).
Et leur impact négatif sur les récoltes du maïs et des pommes de terre.
De plus, la montée globale dans tout le pays de la sécheresse, devenue phénomène climatique structurel, ces dernières années, a négativement contribué à la dégradation de ce milieu naturel, au niveau du couvert végétal qui a de graves retentissements sur la richesse dégradante des pâturages et des parcours, ce qui est visiblement bien montré et signalé, ces derniers temps, par les enregistrements des tableaux de pluviométrie ci-dessous: dont l'un relatif à la compagne agricole (1995/1996), enregistrant quelques (80cm) de neige, et (663mm) de pluie. Et un deuxième établi par le C.M.V D'Imilchil qui nous a été fourni au mois d’Aout de l’anneé (2006) par l'O.R.M.V.A de RICH, dressant, suite à une monographie portant sur la situation socioéconomique de toute la région appartenant au centre de mise en valeur d'Imilchil, des enregistrements étalés sur une dizaine d'année. C'est-à-dire de 1996 à 2005. Mais qui montre toujours cette instabilité et cette régression générale des chutes de neige et des précipitations, affirmant entre autres, les changements climatiques auxquels on a fait allusion au début.
-Pluviométrie de (1996 à 2005)
Statistiques fournies par: l'O.R.M.V.A de Rich
( Août 2006).
Le cycle agropastoral des traditions des Ait Hdiddou.
Etude ethnographique.